Sommeil et périménopause : données de l’étude SWAN
La périménopause est souvent décrite comme une période de fatigue, de réveils nocturnes et de perte de récupération.
Mais ces ressentis sont-ils confirmés par les données scientifiques ?
La grande cohorte américaine SWAN apporte des éléments de réponse solides.
L’étude SWAN : comprendre la transition ménopausique
La Study of Women’s Health Across the Nation (SWAN) est une étude longitudinale américaine initiée dans les années 1990.
Elle a suivi plusieurs milliers de femmes sur plus de 20 ans afin d’analyser :
- les changements hormonaux
- les symptômes de la transition ménopausique
- les troubles du sommeil
- les effets métaboliques et psychologiques
Il s’agit d’une des bases de données les plus robustes disponibles sur la périménopause.
Sommeil et périménopause : résultats principaux
Les analyses publiées à partir de SWAN indiquent que :
- Les troubles du sommeil augmentent significativement en périménopause.
- La fréquence des réveils nocturnes progresse avec l’instabilité hormonale.
- Les difficultés d’endormissement et la sensation de sommeil non réparateur deviennent plus fréquentes.
- Ces troubles persistent parfois après l’installation de la ménopause.
On remarque donc que ces troubles ne sont pas uniquement expliqués par les bouffées de chaleur.
Les fluctuations hormonales elles-mêmes semblent jouer un rôle indépendant.
Fluctuations hormonales et qualité du sommeil
La périménopause se caractérise par :
- une variabilité importante des œstrogènes
- une diminution progressive de la progestérone
Or la progestérone exerce un effet modulateur sur le système nerveux central via les récepteurs GABA-A, impliqués dans l’endormissement et la profondeur du sommeil.
La baisse de la progestérone peut favoriser :
- un sommeil plus léger
- une hypervigilance nocturne
- une fragmentation du sommeil
- une récupération incomplète
SWAN met en évidence que la transition hormonale est une période de vulnérabilité particulière pour la qualité du sommeil.
Pourquoi la fatigue persiste malgré des bilans “normaux” ?
De nombreuses femmes rapportent :
- une TSH normale
- une ferritine “dans les normes”
- aucun trouble organique identifié
Pourtant, la fatigue est réelle.
Les données SWAN suggèrent que les modifications hormonales et neurobiologiques de la transition ménopausique peuvent, à elles seules, altérer la qualité du sommeil et la récupération.
Il ne s’agit pas nécessairement d’une pathologie, mais d’un déséquilibre fonctionnel transitoire ou prolongé.
Pour une analyse globale des mécanismes impliqués, vous pouvez consulter la page dédiée à la fatigue féminine.
Fatigue et qualité de vie
Les publications issues de SWAN montrent également que :
- Les troubles du sommeil sont fortement associés à une altération de la qualité de vie.
- La fatigue est l’un des symptômes les plus fréquemment rapportés en période de transition hormonale.
- L’impact subjectif peut être majeur, même en l’absence de maladie identifiée.
Cela confirme que la fatigue périménopausique ne doit pas être minimisée.
Si ces troubles du sommeil et cette fatigue persistante vous concernent, une évaluation individualisée peut permettre d’identifier les mécanismes dominants.
Découvrir la consultation fatigue féminine en visio.
Sources :
Study of Women’s Health Across the Nation (SWAN).
Publications longitudinales sur le sommeil et la transition ménopausique, notamment :
Kravitz HM et al. Sleep difficulty during the menopausal transition.
Freeman EW et al. Hormonal changes and sleep disturbances across the menopausal transition.
