Graisse abdominale et fatigue chez la femme en périménopause
Une étude issue de la cohorte américaine SWAN, publiée dans le Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, s’est intéressée aux modifications corporelles observées chez les femmes en milieu de vie.
Les chercheurs ont suivi des femmes pendant plusieurs années afin d’analyser les changements de composition corporelle liés à la transition ménopausique.
Les résultats montrent que la périménopause est associée à une augmentation progressive de la masse grasse, en particulier au niveau abdominal. Cette redistribution vers la région abdominale ne s’explique pas uniquement par le vieillissement, mais semble également liée aux modifications hormonales.
La graisse abdominale, notamment la graisse viscérale située autour des organes, est un tissu métaboliquement actif. Elle est associée à :
- une augmentation de l’inflammation de bas grade
- une modification de la sensibilité à l’insuline
- des perturbations métaboliques progressives
Ces mécanismes peuvent contribuer à une sensation de fatigue persistante, en particulier lorsqu’ils s’ajoutent à des troubles du sommeil ou à un stress chronique.
L’étude ne conclut pas que la graisse abdominale cause directement la fatigue. Elle met en évidence une modification physiologique de la composition corporelle pendant la transition hormonale, susceptible d’influencer l’équilibre métabolique.
Comprendre ce mécanisme permet d’envisager la fatigue féminine sous un angle plus global, intégrant les dimensions hormonales et métaboliques.
La redistribution des graisses vers l’abdomen n’est pas uniquement liée aux hormones ovariennes.
Le stress chronique joue également un rôle important. Le cortisol, hormone clé de la réponse au stress, favorise le stockage abdominal lorsqu’il est élevé de manière répétée.
Ainsi, un cercle peut s’installer :
- stress chronique
- élévation du cortisol
- augmentation de la graisse abdominale
- inflammation de bas grade
- fatigue persistante
Ce mécanisme peut également contribuer aux réveils nocturnes fréquemment observés en périménopause.
Lorsque la fatigue s’installe durablement, s’accompagne d’un sommeil fragmenté ou d’une prise de masse abdominale récente, une analyse individualisée du terrain hormonal et métabolique peut être réalisée lors de la consultation en visio dédiée à la fatigue féminine.
Docteure Isabelle Briennon
Phytothérapie clinique intégrative
Source :
Sowers MR et al.
Changes in body composition in women over six years at midlife: ovarian and chronological aging.
Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism. 2007;92(3):895-901.
PMID: 17192296
